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Edito de novembre 2026

Le PIXEL, c’est juste une petite lumière. Prise iso­lé­ment, elle n’a aucun sens : simple uni­té de sur­face lumi­neuse binaire, sa seule rai­son d’être est de s’al­lu­mer ou de s’é­teindre, avec une inten­si­té et des nuances variées. Nos écrans sont com­po­sés de mil­lions de ces petites lucioles infor­ma­tiques. Les écrans les agglo­mèrent pour que, sous la matrice de notre regard, tout cela génère du sens.

De ce point de vue, chaque cama­rade est un pixel. Le PCF est cet outil qui, fort d’une his­toire, d’une struc­ture et d’un pro­jet com­mun, nous agrège et donne à nos actes un sens au regard du monde. Autre­ment dit, nous sommes ensemble, cama­rades et sym­pa­thi­sants, l’u­ni­té de réfé­rence du par­ti. Cette news­let­ter en est un exemple. Elle exprime la volon­té com­mune de faire du numé­rique un ter­rain de lutte des classes, au ser­vice de la liber­té, de l’é­ga­li­té et de la digni­té.

Car il ne s’a­git pas que d’i­mage. Un pixel rouge est aus­si un pixel qui ne fonc­tionne pas comme on l’attend, qui alerte, qui nous pousse à nous ques­tion­ner sur les causes. Il nous pousse à dres­ser un diag­nos­tic et à agir en consé­quence.

Gar­dez à l’esprit qu’il est fabri­qué bien en amont par des algo­rithmes, des cal­culs et des don­nées. Qu’il est le fruit du tra­vail de tous ceux qui contri­buent à sa pro­duc­tion de l’exploitation des terres rares à la pro­gram­ma­tion des logi­ciels.

Enfin, au-delà de la pro­duc­tion, il nous faut tenir compte des usages. Car les tech­no­lo­gies nous outillent. Le numé­rique incarne le mar­teau et la fau­cille 2.0 de notre époque et ces outils qui ne dépendent que de ceux qui s’en sai­sissent. Nous devons nous en empa­rer !

Dans un contexte de mon­tée du fas­cisme, d’at­taques répé­tées contre les démo­cra­ties, com­ment les com­mu­nistes fran­çais s’ou­tillent-ils ? Com­ment pou­vons-nous deve­nir ces pixels rouges qui alertent et agissent ?

Des outils, nous en avons : la boîte mail du PCF, « partage.pcf.fr » pour l’es­pace de sto­ckage, « messagerie.pcf.fr » pour la mes­sa­ge­rie ins­tan­ta­née, « visio.pcf.fr » pour la visio­con­fé­rence. Ce sont tous des logi­ciels libres et nous tenons à pro­fi­ter de cet édi­to pour remer­cier les com­mu­nau­tés qui les ont pro­gram­més.

Je ne vous parle pas d’un acti­visme du clic, les fesses au chaud dans un fau­teuil. Je vous parle sim­ple­ment d’ad­mettre que l’in­for­ma­tique est aus­si un moyen de coor­don­ner nos actes, nos luttes, nos prises de posi­tion, de mettre à por­tée de tous une somme de connais­sances colos­sales, de don­ner à voir le pro­jet de paix pro­fon­dé­ment huma­niste qui est le nôtre.

Pour cela, nous devons dépas­ser le cli­vage sté­rile entre la tech­no­pho­bie effrayée et la fas­ci­na­tion tech­no­phile. Nous devons réa­li­ser que l’im­mo­bi­lisme pro­fite à un sta­tu quo qu’il n’est pas pos­sible d’ac­cep­ter.

Au hasard d’une vidéo en ligne, une cama­rade fil­mée lors d’une mani­fes­ta­tion lycéenne m’a rap­pe­lé que la relève est là. Jacques Duclos, en 1935, avait for­mu­lé tout cela en une phrase : « Deux dra­peaux, une même cause. » Ces deux dra­peaux, aujourd’­hui, ce sont la rue et les outils infor­ma­tiques. Nous avons besoin de vous. Car ne vous y trom­pez pas : nous vivons bien une révo­lu­tion. Une révo­lu­tion numé­rique.

Jean Deville,
Rédac­teur en chef des Pixels Rouges.

Pour l’é­di­to de la News­let­ter de Novembre