Le PIXEL, c’est juste une petite lumière. Prise isolément, elle n’a aucun sens : simple unité de surface lumineuse binaire, sa seule raison d’être est de s’allumer ou de s’éteindre, avec une intensité et des nuances variées. Nos écrans sont composés de millions de ces petites lucioles informatiques. Les écrans les agglomèrent pour que, sous la matrice de notre regard, tout cela génère du sens.
De ce point de vue, chaque camarade est un pixel. Le PCF est cet outil qui, fort d’une histoire, d’une structure et d’un projet commun, nous agrège et donne à nos actes un sens au regard du monde. Autrement dit, nous sommes ensemble, camarades et sympathisants, l’unité de référence du parti. Cette newsletter en est un exemple. Elle exprime la volonté commune de faire du numérique un terrain de lutte des classes, au service de la liberté, de l’égalité et de la dignité.
Car il ne s’agit pas que d’image. Un pixel rouge est aussi un pixel qui ne fonctionne pas comme on l’attend, qui alerte, qui nous pousse à nous questionner sur les causes. Il nous pousse à dresser un diagnostic et à agir en conséquence.
Gardez à l’esprit qu’il est fabriqué bien en amont par des algorithmes, des calculs et des données. Qu’il est le fruit du travail de tous ceux qui contribuent à sa production de l’exploitation des terres rares à la programmation des logiciels.
Enfin, au-delà de la production, il nous faut tenir compte des usages. Car les technologies nous outillent. Le numérique incarne le marteau et la faucille 2.0 de notre époque et ces outils qui ne dépendent que de ceux qui s’en saisissent. Nous devons nous en emparer !
Dans un contexte de montée du fascisme, d’attaques répétées contre les démocraties, comment les communistes français s’outillent-ils ? Comment pouvons-nous devenir ces pixels rouges qui alertent et agissent ?
Des outils, nous en avons : la boîte mail du PCF, « partage.pcf.fr » pour l’espace de stockage, « messagerie.pcf.fr » pour la messagerie instantanée, « visio.pcf.fr » pour la visioconférence. Ce sont tous des logiciels libres et nous tenons à profiter de cet édito pour remercier les communautés qui les ont programmés.
Je ne vous parle pas d’un activisme du clic, les fesses au chaud dans un fauteuil. Je vous parle simplement d’admettre que l’informatique est aussi un moyen de coordonner nos actes, nos luttes, nos prises de position, de mettre à portée de tous une somme de connaissances colossales, de donner à voir le projet de paix profondément humaniste qui est le nôtre.
Pour cela, nous devons dépasser le clivage stérile entre la technophobie effrayée et la fascination technophile. Nous devons réaliser que l’immobilisme profite à un statu quo qu’il n’est pas possible d’accepter.
Au hasard d’une vidéo en ligne, une camarade filmée lors d’une manifestation lycéenne m’a rappelé que la relève est là. Jacques Duclos, en 1935, avait formulé tout cela en une phrase : « Deux drapeaux, une même cause. » Ces deux drapeaux, aujourd’hui, ce sont la rue et les outils informatiques. Nous avons besoin de vous. Car ne vous y trompez pas : nous vivons bien une révolution. Une révolution numérique.
Jean Deville,
Rédacteur en chef des Pixels Rouges.
