Aller au contenu

Fuite de données à l’ANTS : l’urgence d’une maîtrise publique !

Le 15 avril 2026, le por­tail de l’ANTS, qui per­met aux citoyennes et citoyens d’effectuer leurs démarches pour les cartes d’identité et les pas­se­ports, a été la cible d’une attaque infor­ma­tique ayant conduit à une fuite de don­nées per­son­nelles.
Selon les pre­miers élé­ments ren­dus publics, cette attaque aurait expo­sé des infor­ma­tions sen­sibles issues des démarches admi­nis­tra­tives en ligne. Elle confirme, une fois de plus, la vul­né­ra­bi­li­té des sys­tèmes publics face à des menaces cyber de plus en plus fré­quentes et sophis­ti­quées.

Cette situa­tion n’est mal­heu­reu­se­ment pas un cas iso­lé. Le rythme des alertes sur la sécu­ri­té des don­nées per­son­nelles devient inte­nable. À chaque nou­velle fuite, ce sont des mil­lions de citoyennes et de citoyens qui sont expo­sés, avec des consé­quences bien concrètes : usur­pa­tions d’identité, fraudes, perte de confiance dans les ser­vices publics.

Un problème systémique, pas une série d’incidents

Ces attaques répé­tées ne relèvent pas du hasard. Elles sont le symp­tôme d’un pro­blème struc­tu­rel, qui est la dépen­dance de l’État et de ses opé­ra­teurs à des infra­struc­tures numé­riques domi­nées par les grandes pla­te­formes pri­vées, prin­ci­pa­le­ment amé­ri­caines, dont les logiques sont gui­dées par le pro­fit plu­tôt que par l’intérêt géné­ral et la sécu­ri­té.

Mais cette dépen­dance n’est pas seule­ment tech­nique. Elle est le pro­duit de choix poli­tiques ins­crits dans la logique du capi­ta­lisme contem­po­rain. Le numé­rique est deve­nu un ter­rain cen­tral de l’accumulation du capi­tal, où quelques mono­poles concentrent les don­nées, les infra­struc­tures et les capa­ci­tés de cal­cul, trans­for­mant l’information en mar­chan­dise et les citoyennes et citoyens en sources de valeur.
Dans ce cadre, la sécu­ri­té passe après le reste. Elle n’est prise en compte que lorsqu’elle devient un enjeu de répu­ta­tion ou de ren­ta­bi­li­té. Les inves­tis­se­ments vont d’abord vers la cap­ta­tion des don­nées et leur exploi­ta­tion com­mer­ciale, pas vers la pro­tec­tion durable des sys­tèmes.

À force, l’action publique se retrouve enfer­mée dans une dépen­dance tech­no­lo­gique qu’elle ne maî­trise plus. Elle achète des solu­tions conçues ailleurs, selon d’autres inté­rêts que ceux du ser­vice public, et se retrouve à col­ma­ter des failles en per­ma­nence, à coups de rus­tines coû­teuses, sans jamais s’attaquer au fond du pro­blème.

Autre­ment dit, tant que nos infra­struc­tures numé­riques res­te­ront sou­mises aux logiques du capi­tal et à la domi­na­tion de mono­poles pri­vés, les failles et les fuites de don­nées se mul­ti­plie­ront. Ce n’est pas un acci­dent : c’est une consé­quence directe du sys­tème.

Le Parti Communiste Français propose :

  • Un plan natio­nal de sou­ve­rai­ne­té numé­rique publique
  • Une exten­sion rapide de “La Suite” et les solu­tions open­sources à l’ensemble des ser­vices publics
  • La créa­tion d’un pôle public du numé­rique
  • Le ren­for­ce­ment des moyens humains en cyber­sé­cu­ri­té
  • L’obligation de trans­pa­rence en cas de fuite de don­nées

La pro­tec­tion des don­nées per­son­nelles n’est pas qu’une ques­tion tech­nique. C’est une ques­tion de sou­ve­rai­ne­té, de démo­cra­tie et de confiance dans les ins­ti­tu­tions et le ser­vice public.

Le Par­ti com­mu­niste fran­çais appelle le gou­ver­ne­ment à sor­tir des logiques de court terme et à enga­ger sans délai une stra­té­gie ambi­tieuse pour reprendre le contrôle de nos infra­struc­tures numé­riques.

Paris, le 22 avril 2026