C’est le cas évi­dem­ment d’Amazon certes et des autres Gafams mais aus­si de tous les sec­teurs de l’industrie mili­taire dont les bud­gets atteignent des records. Je suis en accord avec Fabien Rous­sel quand il dit qu’il faut faire nôtre l’IA, mais à condi­tion de bien réflé­chir à ce que cela repré­sente dans le cadre de la défense de l’environnement où la ques­tion de l’eau dis­po­nible devient un sujet cen­tral.

Dans le contexte actuel, le tout IA tel que mon télé­phone por­table le pro­pose me déses­père. C’est une inci­ta­tion au nivel­le­ment cultu­rel et au condi­tion­ne­ment idéo­lo­gique en vigueur au point, d’après un son­dage, que 17 % des Fran­çais auraient déjà deman­dé à l’IA pour qui il serait « utile » de voter à l’élection pré­si­den­tielle par le biais de ques­tions ciblées.

Reste aus­si le nombre de gens qui vont se retrou­ver à la rue, y com­pris cette fois des gens diplô­més qui ne ser­vi­ront plus à rien pour les spon­sors. C’est déjà le cas dans la publi­ci­té qui nous sert des hor­reurs de condi­tion­ne­ment très majo­ri­tai­re­ment au ser­vice de la voi­ture et de la mal bouffe dans la boucle du bour­rage de crâne orga­ni­sé sur les chaînes de la TNT et au-delà.

Alors oui, l’IA pro­voque une nou­velle révo­lu­tion dans le rap­port des hommes et du tra­vail. Mais dans notre sys­tème capi­ta­liste ultra-libé­ral mon­dia­li­sé, nous sommes sûrs que les nou­velles géné­ra­tions en paie­ront le prix fort. Très rapi­de­ment, s’il ne se passe pas quelque chose, qui remette en cause la course folle aux pro­fits dont le monstre Elon Musk est un symp­tôme révé­la­teur, le chaos que nous connais­sons dans le monde risque bien de se démul­ti­plier et l’IA ne ser­vi­ra qu’à atti­ser les conflits sur une pla­nète où l’homme risque de s’autodétruire.

C’est aux citoyens de se rendre compte de l’urgence à chan­ger de socié­té, non pas pour une « France nou­velle », mais pour un monde où la France pour­ra jouer un rôle posi­tif dans la remise en cause du règne des puis­sants, à mini­ma comme le fait actuel­le­ment la gauche espa­gnole, avec des objec­tifs concrets et pro­gres­sifs par­ta­gés par la majo­ri­té du peuple. Je rêve ? Non. Je donne juste le point de vue d’un humain qui ne veut pas voir dis­pa­raître l’humain au pré­texte fal­la­cieux de « la moder­ni­té ».

Yvon Huet