Matthieu Trubert, ingénieur et co-animateur de l’Ugict-CGT développe dans le journal La Marseillaise des constats concernant l’IA et revient sur la piste d’une IA plus sobre.
Beaucoup de métiers peuvent être effectivement impactés comme les journalistes, les rédacteurs, traducteurs, monteurs… si l’objectif de l’utilisation de l’IA générative notamment repose sur la seule considération de l’organisation du travail. Un scénario du pire où “l’humain n’a plus vraiment de contrôle sur ce qui est produit” selon lui. Il constate le manque de données fiables et l’absence de moyens pour conduire des expérimentations. L’IA générative doperait les gains de productivité mais c’est “au doigt mouillé”! Et d’évoquer “la dette technologique”, ce moment où les séniors qui ont un regard critique sur les données et leur traitement ne seront plus là. Cette expertise, y compris pour régler les dysfonctionnements et l’obsolescence, pourrait disparaître.
Matthieu Trubert estime que dans les deux visions accélération ou amélioration se joue notre sort. D’un côté la réduction de la masse salariale, de l’autre l’investissement dans la formation pour penser l’IA et la réduction du temps de travail pour que l’IA permette effectivement un vrai gain à tous les niveaux.
Ce n’est pas gagné selon lui au regard de ce qui se projette aux USA. “Ils prévoient de créer un data center d’1,5 fois la taille de Paris avec une consommation annuelle en énergie équivalente à 4 fois celle de la capitale!”
L’utilisation d’une IA plus sobre, capable de tourner sur nos terminaux, est une des pistes qu’il évoque.