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L’IA s’invite à la fête : fléau de l’Humanité ?

Ces der­nières années ont per­mis de consta­ter l’évolution crois­sante de l’utilisation de l’Intelligence Arti­fi­cielle dans tous les milieux. Cepen­dant, un se démarque par­ti­cu­liè­re­ment en ce moment : l’IA géné­ra­tive pour créer des affiches d’é­vé­ne­ments ou tari­faires. Ce véri­table phé­no­mène témoigne d’une forme de consan­gui­ni­té artis­tique. En effet, chaque affiche géné­rée par IA se res­semble étran­ge­ment. Et la rai­son de cette res­sem­blance est toute simple : l’Intelligence Arti­fi­cielle est can­ni­bale. Elle se nour­rit de toutes les affiches qu’elle pro­duit, si bien que la créa­tion se retrouve orien­tée vers un style gra­phique recon­nais­sable, pro­mou­vant dès lors une perte fla­grante d’identité. Avoir comme slo­gan “Pour une socié­té plus juste, plus humaine” sur une affiche géné­rée par IA paraît bien iro­nique et laisse un arrière-goût amer face à la situa­tion actuelle. En effet, il faut rap­pe­ler que l’IA est un outil créé par des entre­prises cor­po­ra­tistes. L’IA n’est pas un outil pour le peuple, mais un outil pour se ser­vir du peuple. Il est de noto­rié­té publique que l’IA est pro­blé­ma­tique sur de nom­breux points que nous allons briè­ve­ment expli­quer : — Impact sur le tra­vail En rai­son de son uti­li­sa­tion abu­sive, l’IA pré­ca­rise le tra­vail dans de nom­breux milieux, notam­ment dans les métiers de la tra­duc­tion ou du dou­blage.

Énor­mé­ment d’entreprises veulent, au pro­fit de l’IA, sup­pri­mer plus de 1 000 emplois. Le mar­ché de l’emploi est déjà sur-satu­ré, et ces sup­pres­sions de postes rayent des pers­pec­tives d’avenir afin de géné­rer tou­jours plus de pro­fits (Lire l’article de Libé­ra­tion paru le 01/12/2025, “L’IA a pris leur emploi : on n’en pen­sait pas que ce serait si violent”). — Eco­cide et géno­cide Bien que des entre­prises affirment que l’IA n’est pas pol­luante à coup de green­wa­shing, plu­sieurs études et rap­ports prouvent le contraire : “L’IA géné­ra­tive consom­me­rait quo­ti­dien­ne­ment autant d’énergie que 1,5 mil­lion de foyers” (L’Humanité, article du 08/11/25). Les com­po­sants néces­saires aux data cen­ters face à l’utilisation de plus en plus crois­sante de l’IA entraîne une exploi­ta­tion de métaux. Fina­le­ment, les entre­prises spé­cia­li­sées font recours à des méthodes dou­teuses qui dévastent les terres des pays dans les­quels elles sont implan­tées, pro­vo­quant non seule­ment un géno­cide ani­mal, mais éga­le­ment un géno­cide de com­mu­nau­tés. De plus, les géants de la tech font face à un pro­blème majeur : l’augmentation dras­tique des émis­sions de car­bone à cause des besoins de l’IA (Libé­ra­tion, 03/07/2024). — Vol de don­nées et pla­giat : Si c’est gra­tuit, c’est vous le pro­duit.

L’IA est un outil biai­sé uti­li­sé par les cor­po­ra­tions et les patro­nats d’extrême droite pour s’en prendre aux mino­ri­tés sociales, comme Trump le fait si bien sur ses réseaux sociaux pour s’en prendre à la popu­la­tion immi­grée. A chaque uti­li­sa­tion de l’IA, vos don­nées per­son­nelles sont uti­li­sées pour son entraî­ne­ment afin de la rendre plus per­for­mante, fai­sant de vous une main‑d’œuvre gra­tuite. — Une perte de capa­ci­té L’utilisation de l’IA a un impact psy­cho­lo­gique sur le cer­veau humain, avec les consé­quences neu­ro­lo­giques qui vont avec. Une étude du MIT Media Lab a démon­tré que la rédac­tion assis­tée par un modèle fai­sait dimi­nuer la connec­ti­vi­té céré­brale, là où les sujets d’études qui n’utilisaient pas l’IA mon­traient des réseaux plus puis­sants et éten­dus. Beau­coup de gens expriment leur décep­tion et pré­fèrent lar­ge­ment une affiche réa­li­sée à la main plu­tôt qu’une affiche géné­rée. En effet, l’IA nuit à la com­mu­ni­ca­tion et à l’image de marque. En res­sem­blant à toutes les autres, l’affiche ne sor­ti­ra plus du lot et sera moins remar­quée. De plus, une véri­table satu­ra­tion de l’affiche géné­rée par IA se fait res­sen­tir, pro­dui­sant une perte de confiance inexo­rable pour l’é­vé­ne­ment dont l’affiche est promp­tée. Le conte­nu final de l’affiche, loin d’être sérieux, ne sera ni qua­li­ta­tif ni authen­tique. A l’inverse, l’effort humain est valo­ri­sé : il suf­fit d’un bout de car­ton et d’un feutre, comme nous le fai­sions avant. L’IA géné­ra­tive est, certes, un gain de temps, mais vaut-elle vrai­ment le coup si elle n’est pas remar­quée ? En négli­geant notre image, les gens nous négligent éga­le­ment. Com­ment recon­naître les affiches IA ? Quelques indices pour recon­naître les affiches IA en un clin d’œil : — Les affiches IA sont sur­char­gées gra­phi­que­ment avec énor­mé­ment de détails; — - — - — Presque chaque espace va être rem­pli, si bien qu’elles ne laissent aucune res­pi­ra­tion autant pour l’affiche que pour l’oeil humain; La typo­gra­phie est tou­jours la même; Il y a une pré­sence sine qua non de petits traits autour des titres pour les mettre en valeur; Les teintes tirent sur le jaune; Des fautes d’or­tho­graphe sont par­fois pré­sentes.

 

“L’IA géné­ra­tive est à l’art ce que le fast-food est à la gas­tro­no­mie.” — Céles­tine Bru­non (L’É­lé­gance des fan­tai­sies)

Milène Côme, Fédé­ra­tion de la Mayenne
(Sources biblio­gra­phiques variées citées dans le texte)
Article tiré du jour­nal de l’in­fo fédé­rale d’oc­tobre 2026